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Analyse, Vu chez...

La dette : rattrapage pour les largués (ASI)


Dan Israel a publié sur le site Arrêt sur Image un article intéréssant afin d’expliquer la machine infernale de la dette publique. Si je ne suis pas vraimment d’accord avec toute l’analyse, elle a au moins le mérite d’être pédagogique et d’ouvrir le débat…

« Les articles sur la dette, je ne lis plus, je n’y comprends rien ». « J’ai manqué des trains au début, et maintenant je suis largué ». Ces cris de détresse, parfois poussés par de très (très) proches de l’équipe d’@si, nous sont allés droit au cœur. Ne reculant devant aucun effort de pédagogie, nous répondons ci-dessous à quelques questions élémentaires: pourquoi la dette publique, en Europe et en France, est-elle désormais au cœur des débats ? La France est-elle vraiment dans le viseur des « spéculateurs » (et d’abord, qui sont ces « spéculateurs ») ? Comment fait-on pour « acheter de la dette » ? Les banques sont-elles responsables de la situation ? Etc etc.

Elle est partout. Elle a colonisé les discours des politiques, les tribunes des économistes, la contestation des militants. Dette « publique » ou dette « souveraine », celle qui est accumulée par les États depuis des décennies, et croît chaque année un peu plus. Mais quelque chose à changé. Avec la crise grecque, et les tensions des « marchés » autour de l’Italie et, demain sans doute, de la France, la question de la dette est devenue centrale, notamment dans l’hexagone. Pourquoi ? Comment ?

Pourquoi la dette au cœur du débat ? d’abord, parce qu’elle augmente…

La première raison pour laquelle la dette est sur toutes les lèvres, et semble dicter l’ensemble des décisions ou discussions politiques françaises en ce moment, c’est que la situation économique du pays se dégrade. Vite.
Les chiffres sont publics, disponibles chaque trimestre sur le site de l’Insee, et ils sont cruels. Fin juin 2011, la dette publique française s’établissait à 1 692,7 milliards d’euros. Soit l’équivalent d’un peu plus de 86 % du PIB (qui mesure l’ensemble des richesses produites par notre pays chaque année). En un trimestre, la dette a augmenté de 46,4 milliards d’euros. A titre de comparaison, le principal budget de l’Etat, celui de l’Education nationale est d’environ 60 milliards par an… Mais surtout, en 2007, la dette n’était « que » de 1211 milliards, soit 64 % du PIB : en quatre ans, son poids total a donc grossi d’un tiers ! La cause de cette explosion est bêtement logique : depuis quatre ans, la France a de plus en plus besoin d’emprunter.

Concrètement, la dette, c’est quoi ? Cet été, un excellent article du Monde.fr faisait le point. Il rappelait d’abord qu’à l’image de « l’immense majorité des pays européens, la France s’endette : depuis 1974, le pays présente des budgets en déficit, qu’il s’agisse de ceux du gouvernement ou des administrations publiques comme la sécurité sociale ». Pour financer les dépenses qui ne sont pas couvertes par les impôts chaque année, la France doit emprunter de l’argent sur les marchés financiers : des banques, des assurances, des fonds d’investissements achètent des obligations d’État françaises, qui leur garantissent un remboursement au bout d’un, quatre ou dix ans, avec un petit intérêt. Le placement n’est pas très rémunérateur, mais est réputé sûr, puisqu’un État est censé rembourser ses dettes. Or, sur l’ensemble de l’année 2007, le déficit que l’État avait dû financer en empruntant était de 50,3 milliards d’euros. Mais en 2010, le trou à combler était de 148,8 milliards, presque trois fois plus…

Sarkozy est-il responsable de l’accélération ? Partiellement. « Cette hausse est en partie imputable à la crise financière survenue en 2008, mais pas totalement », détaillait Lemonde.fr en juillet. Pour relancer l’économie, Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont mis en place un plan de dépenses, notamment le « grand emprunt », que l’État a dû financer auprès des marchés financiers. Le ralentissement de l’économie a, par ailleurs, fait baisser les recettes de l’État (TVA, impôts sur les entreprises, etc.) Selon un récent rapport de la Cour des comptes, 60 % de la hausse de la dette est dû aux mesures anti-crise, le reste provenant de la « politique générale » menée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en mai 2007.

Le poids des intérêts. Comme l’expliquait sur notre plateau Karine Berger, économiste et conseillère de François Hollande, le problème de la dette est qu’elle s’auto-alimente : chaque année, les intérêts à payer par un pays s’accumulent, sans même prendre en compte le remboursement du capital emprunté ou les nouveaux emprunts. Ce remboursement, uniquement des intérêts, est appelé « charge de la dette ». Et Berger soulignait que cette charge pouvait atteindre des niveaux difficilement supportables. La France n’en est pas loin : « La charge de la dette devrait atteindre 45,4 milliards d’euros en 2011, et 50 milliards l’année suivante, soit l’équivalent de ce que rapporte l’impôt sur le revenu, rappelle Lemonde.fr. Elle devrait continuer d’augmenter, pour atteindre 57 miliards en 2013, où elle atteindra quasiment le niveau du budget dévolu à l’Education nationale. »

…mais aussi, des agences de notation plus sévères

A quoi servent les agences de notation. Le problème pour un Etat qui emprunte de plus en plus, c’est que les investisseurs susceptibles de lui prêter de l’argent vont le faire payer de plus en plus cher, puisque leurs prêts seront théoriquement plus risqués. Et l’une des clés de cette évaluation des risques repose entre les mains des agences de notation, dont l’avis est déterminant pour qu’un investisseur décide du degré de confiance qu’il accorde à un Etat. En s’appuyant sur plusieurs critères, comme la croissance du PIB, ou le niveau du déficit, Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch décernent des « notes » à chaque pays, qui serviront ensuite à calculer à quel taux il pourra emprunter de l’argent sur les marchés. La meilleure note, c’est le fameux « AAA » que le gouvernement français tient tant à conserver, et que Moody’s a indiqué mi-octobre qu’il envisageait de baisser dans les mois à venir.

Les agences n’ont pas vu venir la crise précédente. Qu’un pays voie sa note dégradée, et la charge de sa dette sera immédiatement augmentée (enfin, pas toujours, comme nous le signalions). Or, les agences de notation sont très sourcilleuses depuis le début de la crise grecque sur la question de la dette publique. Parce qu’il s’agit d’un indicateur économique fondamental ? Oui. Mais aussi, parce que les agences ont été très critiquées pour ne pas avoir vu venir la crise des subprimes aux Etats-Unis, et en particulier ne pas avoir su prédire que de prestigieuses institutions financières américaines, gorgées de prêts douteux, allaient s’effondrer. C’est par exemple ce que leur reprochait l’économiste Jean Peyrelevade, ancien patron du Crédit Lyonnais, sur notre plateau il y a… plus de trois ans. Depuis, le soupçon plane sur leur (nouvelle ?) sévérité.

Arrive la crise grecque. C’est le déclencheur de cette crise de la dette : en octobre 2009, le nouveau gouvernement socialiste grec reconnaît que le déficit ne sera pas de 6% du PIB en 2009, comme l’assurait jusque-là le gouvernement précédent. Il donne le chiffre de 13 % du PIB. En réalité, ce sera 15,4 %. Déjà, en 2004, les Grecs avaient reconnu avoir falsifié ses comptes, aidés par Goldman Sachs, pour entrer dans l’euro, en 2000 (mais tous les pays européens ont fait de même, à des degrés divers). Echaudés par la crise des subprimes, les marchés paniquent aussitôt. Et l’Union européenne n’arrive pas à enrayer le mouvement.

Stupéfaits, les spéculateurs s’aperçoivent de l’absence de pilote dans la zone euro. La crise grecque a attiré l’attention des spéculateurs sur un point qu’ils n’avaient pas remarqué (ou pas voulu voir) auparavant : l’absence de cohésion économique entre les différents pays de la zone euro, et notamment entre la France et l’Allemagne, censées être le moteur de la zone. Sans vision commune, notamment sur les règles (plus ou moins sévères) à imposer à ses membres, l’union économique et monétaire n’arrive pas paraître crédible à ceux qui prêtent de l’argent à ses États-membres. Notamment sur la question fondamentale pour ces prêteurs : l’Union européenne est-elle prête à garantir que les emprunts contractés par les pays européens seront, finalement, remboursés ? Quand on considère qu’une « décote » de 50 % a été imposée aux banques ayant prêté de l’argent à la Grèce, il est légitime d’en douter. Surtout que l’Allemagne refuse absolument ce qui est présenté comme la solution ultime par nombre d’économistes, principalement classés à gauche : faire de la Banque Centrale Européenne le garant, en dernier recours, de ces prêts.

C’est ce que proposait par exemple le 11 novembre au Monde.fr l’économiste Francesco Saraceno, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). « L’Europe est dans la tourmente non pas parce que ses fondamentaux sont radicalement pires que dans d’autres zones du monde, comme aux États-Unis, mais parce que contrairement aux États-Unis, on n’a pas une banque centrale qui fait son boulot, on n’a pas un gouvernement fédéral qui prend des décisions… Dans ce vide politique s’engouffre la spéculation. Il ne faut pas blâmer les spéculateurs qui font leur boulot mais les politiques qui ne sont pas capables de s’y opposer. »

La France dans le viseur ?

La France a-t-elle perdu, dans les faits, son AAA ? Dès jeudi 10 novembre, observant les conditions peu favorables dans lesquelles la France emprunte effectivement, l’ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali jugeait dans La Tribune que « la France a de facto perdu son triple A ». François Hollande a repris l’analyse à son compte, sous les vives critiques de la droite, comme le remarquait le matinaute Schneidermann.

De nombreux observateurs craignent en effet que les marchés financiers se méfient de plus en plus de la France. Le 11 novembre, Le Monde n’hésitait pas à titrer en Une : « Après la Grèce et l’Italie, la France ? »

Et ce mardi 15, une étude d’une banque allemande enfonce le clou, jugeant qu' »il faudrait tirer la sonnette d’alarme pour la France ». « Parmi les six pays bénéficiant d’un triple A au sein de la zone euro, la France a obtenu la plus mauvaise note », d’un baromètre évaluant la croissance, la compétitivité et la soutenabilité de la dette des pays de la zone euro. La France arrive en effet en 13e position du classement des 17 pays de la zone euro, entre l’Espagne (12e) et l’Italie (14e).

Le thermomètre du « spread » entre la France et l’Allemagne. De fait, la France et l’Allemagne sont déjà traitées différemment par les investisseurs. Un outil permet précisément de s’en rendre compte : le « spread » entre l’Allemagne et la France, c’est-à-dire l’écart entre le taux d’intérêt demandé par les prêteurs quand ils achètent des obligations françaises à dix ans, et celui demandé pour leur équivalent allemand. Plus le taux demandé est cher, moins les investisseurs font confiance au pays à qui ils prêtent de l’argent. Les médias en parlaient peu jusqu’à ces derniers jours, préférant s’attacher à suivre les mouvements boursiers, peu significatifs (le fameux « CAC 40 »), mais c’était déjà l’indicateur donné comme référence par Frédéric Lordon lors d’une de nos émissions, en mai 2010. Avant la crise de 2008, l’écart entre les deux rendements était en moyenne de 10 « points de base », c’est-à-dire de 0,1 pourcent d’écart (quand le taux d’intérêt demandé à la France était par exemple de 2% celui demandé à l’Allemagne était de 1,9%). En mai 2011, le spread était de 0,3. La semaine dernière, il était de presque 1,7. Un record depuis la création de l’euro (et même depuis 1997), traduisant l’écart de plus en plus grand de la perception entre l’Allemagne, bon élève économique, et la France, peu crédible dans la réduction des déficits…

L’exposition des banques françaises. Outre la question de la dette publique, un autre point est susceptible d’inquiéter ceux qui prêtent de l’argent à la France. Les banques françaises sont en effet très « exposées » aux dettes souveraines italienne, grecque et espagnole. Cela veut dire qu’elles ont acheté beaucoup d’obligations de ces trois pays. Ainsi, selon Le Monde, cet été, les banques françaises détenaient 8 milliards d’obligations grecques, et 40 milliards de titres italiens. Si ces pays ne peuvent pas rembourser leur dette, les banques françaises risquent donc de se retrouver dans une très mauvaise passe. Elles devraient donc être secourues par l’État… qui aurait alors besoin d’emprunter encore plus d’argent pour les sauver, aggravant la perception de la situation française. Le cercle vicieux parfait.

La position ambigüe des banques françaises

Inconfortable entre-deux. Une chose est claire, les banques françaises sont en mauvaise posture. Et elles le sont d’autant plus qu’elles sont coincées dans un entre-deux très inconfortable. D’un côté, les Etats les exhortent à acheter des obligations européennes, italiennes par exemple, pour soutenir les pays en difficulté. Quitte à avaler sans trop broncher des « décotes » sur ce mêmes obligations, comme cela a été le cas pour la Grèce. De l’autre côté, elles doivent aussi faire face aux… marchés financiers, puisqu’elles sont cotées en Bourse. Et sur ce plan, les choses vont plutôt mal. Après de multiples déconvenues boursières depuis cet été, toutes les banques françaises ont annoncé des mauvais résultats ces derniers jours. Par exemple, le Crédit agricole a annoncé le 10 novembre un résultat trimestriel en baisse de 65% sur un an. Ce qui pourrait rapidement devenir gênant, en France, mais pas seulement : comme le souligne Le Figaro, les quatre principales banques françaises font partie de la liste des 29 établissements dits « systémiques ». « Autrement dit, ce sont des grands établissements financiers mondiaux qui, par leur taille ou la nature de leurs activités, sont susceptibles de déstabiliser la planète en cas de faillite », précise le quotidien.

Les banques vendent en urgence de la dette grecque, italienne, espagnole… Résultat, pour stopper l’érosion rapide de leurs actions, les banques vendent à tour de bras des obligations de pays « à risque ». Ainsi, BNP Paribas a vendu en trois mois « 8,3 milliards d’euros de titres italiens et 2,2 milliards de titres espagnols » et « a globalement réduit son exposition aux dettes souveraines périphériques européennes de 21% au troisième trimestre », souligne Le Figaro. Problème, analyse Le Monde : « Ces opérations de délestage massives nourrissent dans le même temps la défiance envers la dette souveraine et les États fragilisés d’Europe du Sud (…). Non seulement les banques alimentent un flux vendeur, incitant les autres grands créanciers à vendre – compagnies d’assurance, fonds d’investissement etc. -, mais elles contribuent au surenchérissement des coûts d’emprunt des États en difficulté. » Ce qu’on peut résumer, de façon un brin désespérante : en raison des difficultés des pays de la zone euro, les banques « vendent de la dette », et accentuent donc les difficultés de ces pays.

Sommées d’être transparentes et responsables, les banques voient leurs comptes plombés. La faute aux banques, donc ? Pas si simple. Si les banques sont contraintes de refaire en urgence une beauté à leur bilan comptable, c’est aussi de la faute des États eux-mêmes.

En effet, l’Autorité européenne des banques a changé il y a peu les règles du jeu comptable, au nom de la transparence. C’est ce que détaillait en septembre Le Point, présentant les nouvelles règles comme la vision « anglo-saxonne » des choses. Les banques doivent désormais comptabiliser les dettes souveraines à risque « à leur valeur de marché », c’est-à-dire au prix où les obligations grecques ou italiennes s’échangent aujourd’hui entre banques. Autant dire pas grand-chose, puisque ces mêmes banques craignent que les obligations ne leur soient pas remboursées au terme prévu.

Jusqu’alors, les Européens estimaient « que la juste valeur d’une obligation est sa valeur faciale dès lors qu’elle est destinée à être conservée jusqu’à son terme (2, 5, 10, 20 ans) ». C’est terminé, et les résultats des banques ont donc été fortement dégradés par cette évolution.

D’autant qu’elles ont également dû tenir compte du fait que 50% de la dette grecque ne leur serait jamais remboursé. Et que l’accord européen de fin octobre leur imposera, dès le 1er juillet, de garder en caisse l’équivalent de 9% « de fonds propres », c’est-à-dire l’équivalent de 9% de tous leurs actifs ou pertes, conservés sous forme d’argent liquide ou d’actions, qui serviront à éponger leurs pertes potentielles. « Il est plutôt paradoxal, en plein ralentissement économique avec un risque de récession, de demander aux banques d’augmenter leurs marges de sécurité plutôt que de les utiliser justement pour stimuler l’économie, grinçait il y a quelques jours dans Le Figaro François Pérol, le président du directoire de BPCE. Soyons très attentifs à ne pas aller trop loin, et je pense qu’aujourd’hui la limite est atteinte. »

Le problème des ressources n’est pas évoqué dans cet article ou trop peu et le système de financement en lui-même n’est jamais questionné : il faut bien comprendre d’où vient la dette : un manque de ressource (baisse de la progressivité de l’impôt et cadeaux fiscaux) ET un recours aux marchés financiers pour emprunter !

Depuis que l’État français se voit obligé d’emprunter sur les marchés financiers (1973), jusqu’à 2011 où la dette de l’État français approche les 1700 Milliards €, l’ensemble des intérêts cumulés de la dette approche les 1200 Milliards € !!!! Cela relativise en effet, la propagande néolibérale du « nous vivons au dessus de nos moyens ». L’État, à la différence d’un ménage, choisit combien il gagne et comment il emprunte…

D’autre part, il est bon de rappeler que nous sommes tout de même dans une situation incroyable où, suite à une crise du secteur FINANCIER (dette privées !), les États se retrouvent endettés vis-à-vis de ces même marchés (dettes publiques !) à cause du risque systémique que fait porter ce secteur financier à l’ensemble de l’économie.

Alors, le problèmes des agences de notation, à côté de cela, vous voyez…

Une conclusion logique, me semble-t-il, est donc la dé-financiarisation de l’économie, ce qui commence par se passer des marchés pour financer l’emprunt ; et bien-sûr reconstituer la progressivité de l’impôt.

En complément, et pour alimenter la discussion, je vous conseille cette petite vidéo :

et le texte d’explication qui l’accompagne (pdf)

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À propos de Antoine

Professeur de français / Traducteur

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